Le corps humain vieillirait au cours de trois étapes clés de la vie

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Le vieillissement est l’un des processus biologiques les plus importants affectant l’organisme, pourtant, il reste encore relativement mal connu. Si plusieurs mécanismes liés à l’âge ont été mis en évidence, leurs relations et leur évolution sont encore très peu contraints. Récemment, une équipe de biologistes de Stanford a découvert, au moyen de l’étude de plusieurs milliers de protéines sanguines, que le corps vieillissait au cours de trois étapes majeures. Ces résultats pourraient un jour mener au développement d’un test sanguin indiquant précisément le rythme de vieillissement du corps, et les moyens d’y remédier.

3 Paliers de vieillissement biologique

En matière de vieillissement biologique, le corps semble franchir trois paliers importants au cours de notre vie :

34 ans, 60 ans et 78 ans.

En d’autres termes, les biologistes ont maintenant la preuve que le vieillissement n’est pas un processus long et continu évoluant à la même vitesse tout au long de la vie. L’étude a été publiée dans la revue Nature Medicine.

Les niveaux de protéine

Les résultats pourraient aider à mieux comprendre comment le corps commence à dégénérer à mesure que nous vieillissons, et comment les maladies spécifiques liées à l’âge — y compris la maladie d’Alzheimer ou les maladies cardiovasculaires — pourraient être mieux combattues. La même étude a également proposé une nouvelle façon de prédire de manière fiable l’âge des personnes en utilisant les niveaux de protéines (le protéome) dans leur sang.

« En exploitant en profondeur le protéome plasmatique vieillissant, nous avons identifié des changements ondulants au cours de la vie humaine. Ces changements étaient le résultat de grappes de protéines se déplaçant selon des schémas distincts, aboutissant à l’émergence de trois vagues de vieillissement » écrivent les chercheurs.

Protéines plasmatiques :

elles indiquent trois paliers de vieillissement
L’équipe a analysé les données du plasma sanguin de 4263 personnes âgées de 18 à 95 ans, examinant les niveaux d’environ 3000 protéines différentes se déplaçant à travers ces systèmes biologiques et agissant comme un instantané de ce qui se passe dans le corps : parmi elles, 1379 ont été trouvées varier avec l’âge.

Graphique montrant l’évolution du protéome, et de plusieurs groupes de protéines clé, au cours de la vie. Crédits : Benoit Lehallier et al. 2019

Bien que ces niveaux de protéines restent souvent relativement constants, les chercheurs ont constaté que de grands changements se produisaient dans les lectures de plusieurs protéines autour du jeune âge adulte (34 ans), de la fin du moyen âge (60 ans) et de la vieillesse (78 ans). Cela souligne également le lien entre le vieillissement et le sang, un rapport qui a été repéré dans des études précédentes.

Le sang pourrait être utilisé pour prédire avec précision l’âge d’une personne

« Nous savons depuis longtemps que la mesure de certaines protéines dans le sang peut fournir des informations sur l’état de santé d’une personne – les lipoprotéines pour la santé cardiovasculaire, par exemple. Mais il n’a jamais été observé que tant de niveaux de protéines différentes — à peu près un tiers de tous ceux que nous avons examinés — changent considérablement avec l’âge » explique le neurologue Tony Wyss-Coray, du Stanford Alzheimer’s Disease Research Center ( ADRC).

Les chercheurs ont pu mettre en place un système grâce auquel le mélange de 373 protéines sélectionnées dans le sang pourrait être utilisé pour prédire avec précision l’âge d’une personne, avec une marge de trois ans environ. Fait intéressant, lorsque le système a échoué en prédisant un âge trop jeune, le sujet était généralement en très bonne santé pour son âge.

Les hommes et les femmes vieillissent différemment

Une autre conclusion de l’étude semble confirmer une autre hypothèse énoncée depuis longtemps : les hommes et les femmes vieillissent différemment. Sur les 1379 protéines qui ont évolué avec l’âge, 895 (près des deux tiers) étaient significativement plus prédictives pour un sexe que pour l’autre.

Bien qu’encourageants, ces résultats ne sont que préliminaires, les chercheurs indiquant qu’ils pourraient nécessiter encore 5 à 10 ans de recherche avant de pouvoir en développer des applications cliniques. À terme, un nouveau test sanguin évaluant le rythme du vieillissement cellulaire pourrait voir le jour.

source :
Thomas Boisson
https://trustmyscience.com

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