Polémique sur le dépistage du cancer de la prostate

, par  Amessi , popularité : 3%

Le Parisien consacre un article à une polémique qui « horripile les urologues ». Le journal note que « des voix s’élèvent régulièrement pour contester l’utilité du dosage sanguin du taux de PSA. Le dernier en date, c’est Richard Ablin, découvreur de ce test dans les années 1970 ».

Polémique sur le dépistage du cancer de la prostate

Le Parisien consacre un article à une polémique qui « horripile les urologues ». Le journal note que « des voix s’élèvent régulièrement pour contester l’utilité du dosage sanguin du taux de PSA. Le dernier en date, c’est Richard Ablin, découvreur de ce test dans les années 1970 ».

Dans le New York Times, le professeur d’immunologie « qualifie de « grande erreur » la généralisation de ce test. [Il] juge qu’il ne permet pas de faire la distinction entre des cancers agressifs, nécessitant une intervention chirurgicale, et des tumeurs se développant très lentement et le plus souvent sans danger ».

Le Parisien précise que le spécialiste « se base sur deux études publiées en 2009 dans le New England Journal of Medicine », l’une américaine, qui « montre peu de différence de mortalité entre les hommes régulièrement dépistés et les autres », et l’autre européenne, qui « souligne une réduction de 20% de la mortalité par cancer de la prostate dans le groupe régulièrement testé ».

« Les chercheurs concluent qu’il faut traiter 48 hommes pour en sauver 1, et donc que, pour 47 d’entre eux, ces procédures étaient inutiles », continue le quotidien.
Catherine Hill, épidémiologiste des cancers à l’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif, déclare qu’« en généralisant ce test, on va détecter quelque chose dans votre prostate qui ne vous dérange pas et on va vous faire subir une opération qui peut vous rendre incontinent ou impuissant. Le bénéfice-risque n’est pas en faveur du dépistage ».

Le Parisien note que ce « jugement [est] contesté par l’écrasante majorité des urologues ».

Ainsi, Sylvain Mimoun, directeur du centre d’andrologie de Cochin (Paris), remarque que « c’est un des seuls cancers que l’on guérit à 100% si on agit dès le début. Le test PSA, par une simple prise de sang, est un moyen efficace de dépister des cancers naissants ».

Le spécialiste ajoute qu’« aucun urologue n’opère quelqu’un en fonction du seul taux de PSA ».

Le Pr Bernard Debré relève pour sa part qu’« on voit de plus en plus de cancers agressifs chez des hommes jeunes, de 45, 46, 47 ans ».

« C’est un très bon test si on l’utilise à bon escient » continue l’urologue, qui note toutefois qu’« il y a eu des abus. Certains urologues enlèvent trop rapidement la prostate d’hommes souffrant de cancers très peu évolutifs ».

Revue de presse rédigée par Laurent Frichet

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